19 octobre 2009
L'intervalle de l'horreur
J'en ai marre de ne pas avoir assez de volonté pour me laisser pousser les cheveux!
Ce n'est pourtant pas faute d'essayer! Chaque fois que je sors du coiffeur, je me fais le serment de ne plus y retourner avant 6 mois.
Et 6 semaines plus tard...Je m'aperçois dans la glace; Reste pétrifiée devant l'ampleur du désastre; Tente de reprendre le contrôle de la situation à grand renfort de sèches cheveux et de peignes; Finis par déclarer forfait et me laisse lourdement tomber sur le fauteuil de mon coiffeur.
Lequel me certifie qu'au vue de l'épaisseur prodigieuse, des cheveux longs m'iraient à merveille.
Je suis toute disposée à le croire; Seulement c'est oublié "l'intervalle de l'horreur".
L'intervalle de l'horreur est une période durant laquelle il est inutile d'espérer plaire sous peine de se retrouver en larmes devant son miroir (fait accablant, ridicule et pathétique.....surtout pour le miroir).
Longtemps considéré comme une légende urbaine, il est néanmoins connu, courant et caché, par la majeure partie des femmes en mal de longueur et de cheveux qui volent dans le vent.
Car durant l'intervalle de l'horreur, si les cheveux volent bel et bien dans le vent, ils se retrouvent surtout collés sur le visage et finissent irrémédiablement par se placer de manière anarchique et pas du tout sensuelle.
Là où l'horreur s'installe, c'est qu'il devient alors impossible de les remettre dans une position, non pas top-mode-branchée, mais tout du moins, décente.
Dés lors toutes les solutions sont envisagées: Ne voir personne, porter une cagoule intégrale, voir même adopter la capuche plastique de grand mère....le tout pendant plusieurs mois.
Car oui, cet intervalle peut durer plusieurs mois! Laps de temps durant lequel toute femme aux cheveux longs (voir même mi-longs) est cordialement détestée et dénigrée (cheveux trop fins, trop ternes, trop plats, trop effilochés et de toute façon bien trop longs).
Et si les médias ne parlent pas des dépressions causées par le traumatisme d'un intervalle de l'horreur, c'est uniquement pour ne pas créer un mouvement de panique.
Mais moi je n'ai pas peur! Et je l'écris sans crainte d'une mutinerie chevelue: L'intervalle de l'horreur existe!
12 octobre 2009
20 bornes
Il y a 3 ans et demi, lorsque je me suis lancée pour la première fois dans un jogging très lent, très éprouvant et très court, j'étais loin d'imaginer où mes petite foulées essoufflées me mèneraient. Et pourtant....après plusieurs heures de joggings et d'entraînements, me voilà dans un resto italien, entourée d'une quarantaine de coueurs à déguster des pâtes.....et une île flottante (car oui, courir nécessite beaucoup d'énergie et non, ça n'a rien à voir avec une quelconque gourmandise).
Le lendemain, nous participerons tous aux 20km de Paris et la pasta party est une tradition à laquelle on ne peut décemment pas déroger (sous peine de passer une soirée un peu triste avec un plat de panzani).
Retour chez moi vers 23h, je règle mon réveil sur 7h et m'endors...difficilement.
Réveil à 5h45. Je tourne, me retourne, me lève, me recouche, re-retourne..décide finalement de me lever et de me préparer.
Douche, petit déj, séance d'habillage...qui s'éternise..tee shirt bleu ou blanc? Corsaire gris ou noir? Casquette ou rien? Je change au dernier moment de tenue pour mettre mon corsaire et mon tee shirt préférés au lieu d'une tenue assortie à mes chaussures (pouf attitude quand tu nous tiens!). Indécise, je me regarde une dernière fois devant la glace et me décide finalement à partir.
J'attrape un RER au vol, me mêle à quelques coureurs dans le métro et arrive enfin aux pieds de la tour Eiffel. Là, je retrouve un couple de coureurs qui semblent aussi nerveux que moi. On se place un peu au hasard et on attend le top départ. De plus en plus de coureurs affluent et nous sommes très vite cernés puis compressés par une foule prête à en découdre. La tension monte, le départ est imminent et...ah non, le départ a déjà été donné? ça commence bien! Je n'ai pas entendu l'annonce du top départ!. Bon. Peu importe. La foule piétine puis trottine et s'élance enfin. J'essaie de ne pas me laisser emporter par l'euphorie et entame ces 20km en souriant franchement.
Les kilomètres défilent, le souffle est là, les jambes suivent, aucune douleur suspecte, tout va bien. Je regarde rapidement autour de moi: Il y a des coureurs et des coureuses partout. Il y a ceux qui courent en silence concentrés sur leurs souffles ou perdus dans leurs pensées, celles qui papotent entre copines, ceux qui se motivent entre potes ; Il y a aussi quelques orchestres et pleins de spectateurs ; Certains silencieux, d'autres applaudissant timidement et ceux qui expriment joyeusement leurs soutiens....Et au milieu de tout ça, il y a moi. J'aime ce moment, j'aime être là et maintenant. Je souris et frissonne d'émotions. S'il y a un paradis, ce moment en fait partie.
Quelques kilomètres plus tard.....
L'enfer existe et il est sous mes pieds: Les quais!
Autant j'adore m'y promener, autant y courir est un vrai calvaire. Les quais ou "les montagnes russes de l'enfer": Une enfilade de descentes, de tunnels et de montées. Un vrai coupe-jambe. Seul réconfort, j'adore courir dans les tunnels. Pourquoi? Parce que lorsque j'y cours, j'ai de nouveau 8 ans et apparemment je ne suis pas la seule.
Au premier tunnel un coureur crie à tue tête "ON EST PAS FATIGUES!!", je me mêle aux autres pour crier en retour "ON EST PAS FATIGUES!!" (bien que moi, je sois un peu fatiguée quand même...).
A peine le temps de se remettre de la première montée qu'on entame le second tunnel. Nouvel appel à repousser la fatigue et nouvel réponse de ma part en criant aussi fort que je peux dans une vaine tentative d'auto-persuasion (De toute évidence, la méthode coué a ses limites).
Les kilomètres défilent et mes jambes n'aiment clairement pas cette succession de montées et de descentes. Elles me le font douloureusement savoir en transmettant un message à mon cerveau "Mais qu'est ce que j'fous là...ma pauv'fille tu dois vraiment être maso pour t'infliger un truc pareil"; Apparemment, nous sommes 25 000 masos alors ça ne doit pas être trop grave.
Je continue de courir et arrive au 17ème..plus que 3km...18ème...la foule de spectateurs se fait plus dense...19ème...plus qu'1km, je vais y arriver...Encore un dernier effort...
Je me laisse emporter par l'euphorie générale, accélère aussi vite que je peux (c'est à dire pas très vite), souris, lève les bras au ciel, regarde le chrono, souris de plus belle et franchis la ligne d'arrivée la gorge serrée et les yeux embués..de joie.
03 août 2009
Quand Dragibus devient Magalie (ou Mag...ou Dragi...Bref...)
Il était une fois.....Internet ou comment ma vie sociale a (enfin) pris tout son sens.
Aaaaahhh le net. En voilà une belle et longue histoire. Remplie de rebondissements palpitants, de rires, de bugs, de pleurs, de smiley, de forums, de sourires, de posts, de moteurs de recherches, de favoris, de liens...
Une saga qui prendrait au moins 8 tomes + un atlas + une encyclopédie....Bref, une histoire barbante, chiante, ennuyeuse, disons le sans détour: Une histoire pas tout à fait intéressante.
Pourtant......Qui se souvient encore d’internet sans adsl, sans msn, sans wifi? Qui se souvient des bip de tonalité du modem cherchant péniblement à se connecter? Des rdv (ratés) sur les sites de tchats? Des premières pages (à peu près) élaborées qui mettaient 10 minutes à se charger? Des premiers téléchargements timides (et très longs)? Des premières échanges virtuels? Des premières rencontres réelles?
Il y a eu beaucoup de rencontres...Toutes à but amicales...Certaines plaisantes, d'autres sans intérêts...Quelques dérapages sur le plan sentimental....Des surprises aussi... beaucoup de bonnes, peu de mauvaises…Quelques rencontres qu'on souhaiterait oublier, mais qui n'enlèvent rien à celles qui se révélées importantes, déterminantes, décisives.
Ces rencontres qu'on voudrait revivre et qui laisse émerveiller devant le hasard qui a trouvé sa place sur le net.
Toutes ont eu ce charme de mettre enfin un visage, une odeur, une voix, un sourire, un regard, du réel.....sur un pseudo, un avatar, un style d'écriture, du virtuel.
Toutes ont une place dans mes souvenirs, et c'est toujours avec étonnement que je me remémore ces instants suspendus où le virtuel a basculé dans le réel.
L’élan fut donné par une petite annonce collée dans le métro «Si vous aimez lire, rêver, rire et que vous osez me répondre...Je vous aime».
Petite phrase suivi d’une adresse mail.
Une réponse.
Une correspondance virtuelle.
Une rencontre dans un mac do.
Il était magicien.
M’a fait deux trois tours timides entre les pailles et les plateaux.
Échanges de sourires, de connivences, de fous rires et d’une accolade amicale.
Bienvenue dans le monde des rencontres internet.
Flash back sur ces rencontres improbables pourtant devenues réelles.
Une mini-goth diabolique; Le mari de Lara Corft au service de la reine; Une névrosée du bulbe amoureuse de sa machine à café; Une infirmière trop loin; Une coach mental au grand coeur; Un pompier paumé; Une sara aux cheveux de princesse; Une dingue de Mika; Un nageur philosophe; Une fourmi aux mandibules trop fines; un superzhom rêveur; Une promeneuse qui se perd dans un paquet de dragibus; Une homonyme qui s'est enfin trouvée; Un dragon au coeur tendre et un brin exhibitionniste; Un ange noir trop gentil; Un zeugme pilote de ligne; Une coureuse de l'extrême; Une gardienne de zoo; Un linguiste surdoué; Un piaf amoureux d'un nuggets de morue; Un cousin sucré.......Et toutes les autres.
Ces rencontres là, prendraient 800 tomes, 15 Atlas et 25 encyclopédies....ça a parfois été barbant, chiant et pas franchement intéressant mais le plus souvent surprenant, singulier voir un peu magique....
Bienvenu dans ce monde où le virtuel touche le réel....pour mon plus grand plaisir.
10 mai 2009
Complexée?
Aujourd'hui j'ai regardé la télévision. Fait suffisamment rare pour être marqué d'une croix rouge. Certes, je n'ai tenu qu'une vingtaine de minutes, mais durant ce court instant, je suis restée subjuguée devant la fait manifeste qu'on nous prend vraiment pour des tartes!. Oui oui des tartes! Bien qu'andouilles, crétins, idiots, imbéciles prennent aussi tous leurs sens. Et même! oui même! j'ose! On nous prend vraiment pour des cons (au moins!).
L'émission en question se proposait de nous montrer une jeune femme, d'une trentaine d'années, brune, cheveux longs tenus en queue de cheval, sans rien de particulier; Le genre qu'on croiserait dans la rue sans rien remarquer; Bref une nana à l'AOC "banale". Elle s'appelle Elisabeth (la jeune femme pas l'AOC).
Cette jeune femme accepte de se prêter à une petite expérience dont l'objectif est de la décomplexer suffisamment pour qu'elle ose poser pour des photos....complètement nue.
Bon. Oui. Pourquoi pas. Admettons que l'objectif ne soit pas futile et superficiel mais un rêve pour la majorité des femmes qui se respectent.
A partir de ce moment de l'émission, le suspense est à son comble! Que va t-il arriver à Elisabeth? Va t-elle tester une nouvelle technologie high-tech? Faire un régime révolutionnaire? Avaler trois plaquettes d'Ali d'un seul coup?
Et bien non! Elle va juste aller chez le coiffeur!.
Vous êtes Sceptique? Elisabeth aussi. Mais le coiffeur a des arguments chocs:
"Ta queue de cheval représente ton ancienne toi. Il faut faire ressortir l'Elisabeth qui est en toi. Et moi je le vois, la vraie Elisabeth est blonde!".
Elisabeth n'a pas l'air convaincu (vous non plus, je le sens bien), mais se laisse néanmoins tripoter les cheveux sous les yeux calculateurs du coiffeur.
Nous la retrouvons quelques heures plus tard et il faut bien l'avouer, la surprise est de taille.
Elisabeth n'en revient pas! (nous non plus d'ailleurs): Cheveux très courts, coiffés en pagailles et surtout!.... Elisabeth est désormais blonde.
ça ne lui va pas du tout, mais elle semble ravie et se dit libérée, changée, métamorphosée, transformée, libre!!! A tel point, qu'elle accepte de poser nue pour les fameuses photos.
Voilà!!! C'était ça le secret tant recherché! Vous pensiez être complexées à cause de vos kilos en trop? De votre cellulite? De vos seins qui tombent? Et bien détrompez-vous! Ce sont juste vos cheveux!!!!!
Le coiffeur est aux anges, Elisabeth enchantée et nous, nous sommes justes désabusées.
Dans le doute, je vais prendre rdv avec Angelo quand même.........
09 avril 2009
...
J'ai 1 seconde, je cours après la vie
J'ai 5 ans, je cours en criant ma joie
J'ai 12 ans, je cours pour vivre pleinement
J'ai 20 ans, je cours pour fuir mon corps de femme
J'ai 26 ans, je cours après l'amour
J'ai 28 ans, je cours pour l'oublier
J'ai 29 ans, je cours pour rattraper le temps perdu
J'ai 32 ans, je cours, je vis, je ne fuis plus, je n'oublie rien, je suis libre, je vole
18 mars 2009
Périple à l'hôtel de ville
L'hôtel de ville......vaste territoire inconnu peuplé d'individus aux moeurs étranges et au langage barbare.
Je pousse les portes battantes, fais quelques pas dans le hall, sens immédiatement poindre une vague sensation de claustrophobie menaçante, me dirige prestement vers l'accueil et bredouille une phrase inaudible.
Sans doute coutumière du fait, l'hôtesse d'accueil semble néanmoins comprendre ma demande et me lance fièrement et pleine d'entrain:
-Deuxième étage, porte B, couloir de droite, Espace D tout au fond!
Légèrement abasourdie devant tant de zèle, je la remercie chaleureusement et me dirige vers les ascenseurs. Pressée d'en finir, j'entre dans la première cabine qui se présente, sourit aux autres passagers, m'aperçoit trop tard qu'il s'agit d'un ascenseur impair, m'arrête au cinquième étage, m'aperçoit trop tard (une fois de plus) que cet étage n'a logiquement pas d'ascenseur pair, râle intérieurement, re-entre dans une cabine, re-sourit aux passagers, descend au RDC, sourit à l'hôtesse d'accueil qui me regarde les sourcils froncés, me réfugie dans un ascenseur pair, ignore les ballots déjà présents et arrive, enfin!!! au deuxième étage....Pour me diriger triomphalement dans le couloir de gauche.
20 bonnes minutes et quelques errances plus tard, j'arrive enfin à l'espace D "Pièces d'identités/Passeports".
Je m'affale sur un siège vide et laisse mes pensées vagabonder.
Un guichet "passeport" se libère. Je m'y précipite et bredouille une nouvelle fois l'objet de ma demande tout en étalant devant moi les documents demandés.
Je laisse "Anne-Marie" (c'est écrit sur son badge....sans doute pour donner l'illusion d'une compréhension possible entre nos deux mondes), je laisse donc Anne-Marie inspecter mes documents. Elle semble satisfaite et me tend un formulaire à remplir.
Je noircis consciencieusement toutes les petites cases mais bloque soudain sur "couleurs des yeux"
Que mettre?
Marrons?
Verts?
Noisettes?
C'est une couleur ça noisette?
J'hésite....Regarde autour de moi, me demande si je peux appeler un ami mais opte finalement pour l'avis du public.
-Euh....excusez-moi...
Anne-Marie lève la tête de ses papiers et me fixe d'un regard vide
-Oui?
-C'est pour la couleur des yeux...j'me demandais....noisettes c'est une couleur?
Si ma question suscite un étonnement quelconque, Anne-Marie n'en montre aucun et continue de me fixer. Pourtant, au bout de quelques secondes, son regard bovin s'illumine et elle semble comprendre.
-J'sais pas....z'avez qu'à mettre marrons, c'pas important
-Ah?....non parce que moi je dirais plutôt noisette....mais bon....
Je hausse les épaules et ricane bêtement
Mais Anne-Marie n'a pas envie de ricaner.
Anne-Marie est fatiguée et fait la gueule.
Elle appelle sa collègue Fatou, lui expose le problème et demande son avis.
Fatou semble être d'humeur joyeuse.
Fatou ne fait pas la gueule.
Elle me regarde, me sourit de ses dents blanches, m'observe attentivement et dit que j'ai les yeux marrons-verts mais qu'elle n'est pas sûre que "noisette" soit une couleur.
-Vous avez les yeux marrons-verts mais je ne suis pas sûre que noisette soit une couleur!
Anne-Marie sort de son mutisme et propose alors d'écrire "marrons-verts". Mais elle n'est pas sûre qu'il y ai assez de cases
-Z'avez qu'à mettre marrons-verts mais chuis pas sûre qu'y ai assez de cases
Surprise de cette proposition judicieuse, Fatou se penche sur le formulaire et compte les petites cases.
Se faisant, son regard tombe sur ma date de naissance inscrite juste au dessus.
-Date de naissance 18 mars....mais!!!!.....c'est votre anniversaire!!!!!
Je bredouille un "oui" un peu gêné, mais ignorant mon regard suppliant, Fatou s'est déjà retournée et crie
-JOCELYNE!!!! C'EST L'ANNIVERSAIRE DE LA TITE DAME COMME TON FISTON!!!!!!!
Je sens plusieurs regards se tourner sur moi, j'ai soudain trop chaud, le sang me monte au visage. Je bouge sur mon siège et plonge les yeux dans mon formulaire .
Sans doute heureuse de faire une pause, Jocelyne apparaît, aussi souriante que Fatou, contourne le bureau et me fait la bise.
Fatou décide, qu'elle aussi, peut bien me faire la bise.
Anne-Marie, en revanche, semble exaspérée.
-32 ans qu'vous avez? Ah ben ça alors?! comme mon fiston! Ah ça c'est un grand gaillard vous savez! ça m'fait bien plaisir que vous soyez nés le même jour. Vous êtes toute mignonne.
Je tripote nerveusement mon stylo, souris et bredouille un "merci" gêné.
Après un rapide conciliabule, il est décidé à l'unanimité que "marrons-verts" est plus sûr que noisettes.
RDV dans 3 semaines pour récupérer mon passeport.
29 janvier 2009
Tutoyer les anges
Ça m'a pris par surprise un mois de mai. Je n'ai rien vu venir, aune idée derrière la tête, rien prémédité. Et puis, d'un seul coup, elles étaient là devant moi. Je me suis dit "pourquoi pas?...rien qu'une seule fois...pour voir". J'ai vu.
C'était la première fois. Ce fut violent. Je ne m'attendais pas à ça.
J'ai tout de suite su que cette première fois ne serait pas la dernière ; Tout de suite saisi que j'avais mis les pieds dans un monde que je ne connaissais pas ; Tout de suite compris que j'allais devenir accroc.
Et je le suis devenue, accroc. Peu au début. Puis de plus en plus. Un trip tous les jours sinon rien. C'était trop rapide, trop souvent, trop tout court.
L'inéluctable arriva: le corps lâcha: Overdose. Obligée d'arrêter. Sevrage violent mais nécessaire. Nervosité, dépit, colère. Promesse de ne plus jamais y toucher.
Les mois ont passé. Je les avais presque oubliées. Et puis...
Ça m'a pris par surprise un mois d'avril devant ma télé. Je n'ai rien vu venir, aucune idée derrière la tête, rien prémédité. Et puis, d'un seul coup, elle était là devant moi. Une femme était à 195 mètres de l'arrivée. Ses larmes de souffrance, de fatigue, de joie et d'extase, ont trouvés un écho en moi ; et j'ai versé quelques larmes en la voyant devenir marathonienne.
Ce fut violent. Je ne m'attendais pas à ça.
J'ai tout de suite su que je venais de me trouver un objectif ; Tout de suite saisi que j'allais en baver ; tout de suite compris que j'étais toujours accroc.
Et je le suis toujours, accroc.
Petit à petit j'ai appris les règles de ce monde que je ne connaissais pas. Et depuis, je me prépare pour toucher l'extase et tutoyer les anges...ne serait ce qu'une seule fois.
19 janvier 2009
Volonté.....et tentation
Je m'étais pourtant promis de résister... de ne pas succomber à la tentation, de ne plus y retourner avant des mois. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé. Nombreux sont les détours effectués pour éviter tout contact visuel ; et je ne parle même pas de toutes les fois où j'ai imposé le silence à la petite voix indignée qui hurlait en moi.
Il aura suffi d'un peu de pluie, de vent, de fatigue et du reflet d'une glace pour que toutes mes belles résolutions se liquéfient et glissent sur le trottoir....pile devant le salon de Fernando! (le hasard est parfois cruel).
Je suis entrée dans l'espoir d'y trouver un peu d'aide, de compassion et de chaleur humaine....
-SORS DE CE SALON VILE CRÉATURE!
J'ignore superbement le doigt dirigé vers la sortie, souris aux autres clientes et me laisse tomber sur le fauteuil en sky.
-Je n'en peux plus, tu dois m'aider!
-Ce n'est qu'une phase, ça ira mieux après!
-Je n'aime pas du tout cette phase! regardes moi! je ne ressemble à rien
Fernando dodeline de la tête d'un air exaspéré et glisse ses longs doigts dans mes cheveux
-Avec toute cette épaisseur, si tu tiens encore trois petits mois tu ressembleras à Tina Turner!
-Mais je ne veux pas ressembler à Tina Turner! Je veux ressembler à quelque chose d'humain et non à un caniche! coupe tout!
Fernando prend un air boudeur et croise les bras
-Je préfère ignorer cette allusion grotesque. Je refuse de participer à cette infamie
-Ne sois pas ridicule. Coupe!
-Je refuse
-Dans ce cas j'irais dans un autre salon!
-Tu n'oserais pas??!!!!
-Ne me sous-estime pas...
-Tu me fends le coeur!
-Fends plutôt mes cheveux, ce sera plus utile
-Tu vas le regretter. Les mecs préfèrent les femmes aux cheveux longs!
-M'en fous
-Les femmes préfèrent les femmes aux cheveux longs...encore deux petits mois et tu auras un succès fou!
*Intense moment de réflexion....l'argument pèse...je me passe la main dans les cheveux....*
-Tu crois?
-Certain!
-Bon....alors désépaissis beaucoup, et coupe....5 cm
-5 centimètres???!!! Pauvre folle! 1!
-4
-2
-3
-Ok pour 3 darling! Heureusement que toutes mes clientes ne sont pas aussi chiantes que toi!
Je souris face à cette petite victoire et laisse les doigts de Fernando s'occuper de tout. Les ciseaux, les peignes et les pinces se lancent dans une danse frénétique. Je me regarde et me sens soudain plus légère.
C'est une triste réalité, mais je dois me rendre à l'évidence: Je n'ai aucune volonté, je suis faible et influençable.....mais bien coiffée!
02 janvier 2009
Le nouveau
2 janvier 2009.
Première journée de travail pour cette nouvelle année. Il fait froid et encore nuit lorsque je descends du bus. L’air glacé m’agresse et je me dirige péniblement vers les portes de mon boulot. J’émerge difficilement de la torpeur où je m’étais glissée dans le bus anormalement vide. Je croise deux collègues, marmonne un bonjour et échange mes meilleurs vœux avec la standardiste qui me murmure « il est arrivé ! » les yeux remplis d’excitations.
Un peu surprise et perplexe, je prends néanmoins l’ascenseur jusqu’au troisième en me demandant qui a bien pu arriver un vendredi 2 janvier. La cabine s’immobilise, les portes coulissent, je fais quelques pas et tombe nez à nez avec lui.
Un nouveau distributeur ! Depuis le temps qu’on l’attendait ! On ne l’espérait même plus ! Et le voilà devant moi, brillant de milles feux, reflétant la lumière blafarde des néons! Inspection rapide de ce nouveau collègue mécanique. Je m’écarte un peu pour avoir une vision globale de ce colosse. Rien à dire, il présente vraiment bien ; Il a la classe avec sa couleur bleue nuit et ses 6 étages de friandises. Il en est presque intimidant. J’écoute le ronronnement de son moteur et lui promets silencieusement de venir faire rapidement sa connaissance.
En attendant, je me tourne vers sa voisine toute grisonnante. Il faut bien avouer qu’en comparaison et malgré ses nombreuses années de loyaux services, elle semble bien misérable. Sans doute jalouse de son nouveau colocataire, elle me jette son café en omettant de me donner une touillette et ma monnaie. Je lui pardonne gentiment ce manque de courtoisie et me dirige doucement vers mes collègues humains.
15H, Pause bien méritée après des heures de labeurs épuisantes. Je me dirige joyeusement vers mon nouveau pote et observe attentivement tous ses étages. J’opte pour une barre céréalière pleine de lait pour penser et de cacao pour se dépenser (car oui, les comptables ont une activité physique dont on sous-estime souvent l’intensité) , tapote sur le clavier numérique, glisse ma monnaie et attend……..pour rien. Haussement de sourcils surpris, tapotements variés sur le clavier numérique, je cherche à provoquer une réaction….mais en vain.
Je reste interdite devant ce mutisme et doutant de mon sens pratique, lis attentivement les quelques lignes de notice :
1-Tapez le code de votre commande
2- Introduisez votre monnaie
3-Récupérez votre commande
4-Ou taper « C » pour récupérez votre monnaie
Je tapote avec plus ou moins de douceurs sur « C » et commence à douter sérieusement du professionnalisme de ce tas de ferraille. J'obtiens quelques bips nonchalants mais pas de barre céréalière. La méthode douce s’avérant inefficace et malgré mes valeurs de non violence, j’envisage d’employer la manière forte et commence à bousculer mon adversaire dans une vaine tentative d’intimidation.
Je dois pourtant me rendre à l’évidence : je ne suis pas de taille.
Dépitée et vexée, je lance un reniflement de dédain en direction de mon rival et me tourne vers ma vieille collègue, grisonnante et ronchonnante certes, mais tellement plus serviable.
Lundi je viens avec un paquet de friandise acheté en supermarché et monte un complot de boycottage général.
Rira bien qui rira le dernier.
23 décembre 2008
Carrefour un 23 décembre.....
Tout est planifié, minuté, quadrillé. Chaque rayon est revu mentalement, chaque produit est minutieusement listé. Des glaçons aux piques-apéros, rien n'est laissé au hasard.
C'est donc confiants que nous nous sommes dirigés vers le centre commercial ce 23 décembre 2008.
Le parking surpeuplé et le peu de caddies disponibles nous ont arraché des sourires goguenards voir féroces.
Ongles affûtés, portables dégainés, montres synchronisées, nous sommes fins prêts pour affronter la foule hystérique.
Les portes coulissantes à peine franchies, nous sommes happés par le bruit, la chaleur et l'agitation.
Entre le mec qui vend ses promos "ex-clu-si-ves mesdames et messieurs", les gamins qui courent partout, les caddies abandonnés à leurs tristes sorts, les vieux qui stagnent au milieu des rayons, les couples qui se disputent sur la marque du foie gras, et les appels aux micros pour annoncer "que le petit Antoine attend sa maman à l'accueil"..... Notre détermination en prend un coup et nous avalons péniblement notre salive.
Nous nous frayons malgré tout un chemin jusqu'au rayon produits laitiers. Réunion au sommet (autour du caddie); Répartition des tâches; Rdv dans environ 20 minutes. On se fait la bise, on se souhaite bonne chance, nous lâchons silencieusement notre cri de guerre et chacun part de son côté, les épaules rentrées et les coudes serrés.
Le parcours jusqu'au rayon des boissons s'avère compliqué et semé d'embûches. Je butte sur un gamin, me prends les pieds dans un caddie et évite de justesse une chute au milieu des "soupes et condiments". J'envisage deux ou trois fois de rebrousser chemin pour tenter un nouvel itinéraire. Je fais une pause salvatrice au rayon lessive et tente un raccourci par le rayon animalerie.
J'arrive enfin au rayon boisson, trempée de sueur sous mon manteau, mais heureuse.
Deux bouteilles dans chaque bras, je rebrousse chemin.
Le retour me semble plus long; Les bouteilles menacent de chuter à chaque instant et c'est avec une crampe dans chaque bras que je déboule fiévreusement au rayon produits laitiers. Un frisson de panique me parcourt lorsque je ne vois pas notre caddie.
Ils m'ont abandonné! Ces lâches ont fuis devant l'adversité! Mais bien vite, je remarque un compagnon d'infortune qui me fait signe. Ouf... je me suis juste trompée de rayon.
Nouvel réunion au sommet. Appel des produits listés. Tous répondent présents..... sauf la bûche.
Malédiction! Nous avons oublié le dessert!
Ce n'était pas prévu dans la répartition des tâches! Echanges de regards...Il fait soudain trop chaud, des gouttes de sueurs perlent sur nos visages déconfits et nous refoulons difficilement un élan de panique. Nous décidons d'un commun accord de rallier ensemble le rayon surgelés. Durant un court instant, s'attacher les uns aux autres avec une écharpe semble être envisageable. De toute évidence, nous sommes à peine lucides.
Nous piochons deux bûches au hasard avant de nous précipiter vers les caisses.
La promesse du ciel bleu et de l'air pur nous donne des forces insoupçonnées et c'est finalement avec un soulagement non dissimulé que nous laissons les caisses derrières nous.
Nous sortons enfin de cet enfer, les yeux hagards, les mains et le dos moites de sueur, une migraine sous-jacente, mais le coffre plein.
Mission accomplie.
