02 janvier 2009
Le nouveau
2 janvier 2009.
Première journée de travail pour cette nouvelle année. Il fait froid et encore nuit lorsque je descends du bus. L’air glacé m’agresse et je me dirige péniblement vers les portes de mon boulot. J’émerge difficilement de la torpeur où je m’étais glissée dans le bus anormalement vide. Je croise deux collègues, marmonne un bonjour et échange mes meilleurs vœux avec la standardiste qui me murmure « il est arrivé ! » les yeux remplis d’excitations.
Un peu surprise et perplexe, je prends néanmoins l’ascenseur jusqu’au troisième en me demandant qui a bien pu arriver un vendredi 2 janvier. La cabine s’immobilise, les portes coulissent, je fais quelques pas et tombe nez à nez avec lui.
Un nouveau distributeur ! Depuis le temps qu’on l’attendait ! On ne l’espérait même plus ! Et le voilà devant moi, brillant de milles feux, reflétant la lumière blafarde des néons! Inspection rapide de ce nouveau collègue mécanique. Je m’écarte un peu pour avoir une vision globale de ce colosse. Rien à dire, il présente vraiment bien ; Il a la classe avec sa couleur bleue nuit et ses 6 étages de friandises. Il en est presque intimidant. J’écoute le ronronnement de son moteur et lui promets silencieusement de venir faire rapidement sa connaissance.
En attendant, je me tourne vers sa voisine toute grisonnante. Il faut bien avouer qu’en comparaison et malgré ses nombreuses années de loyaux services, elle semble bien misérable. Sans doute jalouse de son nouveau colocataire, elle me jette son café en omettant de me donner une touillette et ma monnaie. Je lui pardonne gentiment ce manque de courtoisie et me dirige doucement vers mes collègues humains.
15H, Pause bien méritée après des heures de labeurs épuisantes. Je me dirige joyeusement vers mon nouveau pote et observe attentivement tous ses étages. J’opte pour une barre céréalière pleine de lait pour penser et de cacao pour se dépenser (car oui, les comptables ont une activité physique dont on sous-estime souvent l’intensité) , tapote sur le clavier numérique, glisse ma monnaie et attend……..pour rien. Haussement de sourcils surpris, tapotements variés sur le clavier numérique, je cherche à provoquer une réaction….mais en vain.
Je reste interdite devant ce mutisme et doutant de mon sens pratique, lis attentivement les quelques lignes de notice :
1-Tapez le code de votre commande
2- Introduisez votre monnaie
3-Récupérez votre commande
4-Ou taper « C » pour récupérez votre monnaie
Je tapote avec plus ou moins de douceurs sur « C » et commence à douter sérieusement du professionnalisme de ce tas de ferraille. J'obtiens quelques bips nonchalants mais pas de barre céréalière. La méthode douce s’avérant inefficace et malgré mes valeurs de non violence, j’envisage d’employer la manière forte et commence à bousculer mon adversaire dans une vaine tentative d’intimidation.
Je dois pourtant me rendre à l’évidence : je ne suis pas de taille.
Dépitée et vexée, je lance un reniflement de dédain en direction de mon rival et me tourne vers ma vieille collègue, grisonnante et ronchonnante certes, mais tellement plus serviable.
Lundi je viens avec un paquet de friandise acheté en supermarché et monte un complot de boycottage général.
Rira bien qui rira le dernier.
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