19 octobre 2009
L'intervalle de l'horreur
J'en ai marre de ne pas avoir assez de volonté pour me laisser pousser les cheveux!
Ce n'est pourtant pas faute d'essayer! Chaque fois que je sors du coiffeur, je me fais le serment de ne plus y retourner avant 6 mois.
Et 6 semaines plus tard...Je m'aperçois dans la glace; Reste pétrifiée devant l'ampleur du désastre; Tente de reprendre le contrôle de la situation à grand renfort de sèches cheveux et de peignes; Finis par déclarer forfait et me laisse lourdement tomber sur le fauteuil de mon coiffeur.
Lequel me certifie qu'au vue de l'épaisseur prodigieuse, des cheveux longs m'iraient à merveille.
Je suis toute disposée à le croire; Seulement c'est oublié "l'intervalle de l'horreur".
L'intervalle de l'horreur est une période durant laquelle il est inutile d'espérer plaire sous peine de se retrouver en larmes devant son miroir (fait accablant, ridicule et pathétique.....surtout pour le miroir).
Longtemps considéré comme une légende urbaine, il est néanmoins connu, courant et caché, par la majeure partie des femmes en mal de longueur et de cheveux qui volent dans le vent.
Car durant l'intervalle de l'horreur, si les cheveux volent bel et bien dans le vent, ils se retrouvent surtout collés sur le visage et finissent irrémédiablement par se placer de manière anarchique et pas du tout sensuelle.
Là où l'horreur s'installe, c'est qu'il devient alors impossible de les remettre dans une position, non pas top-mode-branchée, mais tout du moins, décente.
Dés lors toutes les solutions sont envisagées: Ne voir personne, porter une cagoule intégrale, voir même adopter la capuche plastique de grand mère....le tout pendant plusieurs mois.
Car oui, cet intervalle peut durer plusieurs mois! Laps de temps durant lequel toute femme aux cheveux longs (voir même mi-longs) est cordialement détestée et dénigrée (cheveux trop fins, trop ternes, trop plats, trop effilochés et de toute façon bien trop longs).
Et si les médias ne parlent pas des dépressions causées par le traumatisme d'un intervalle de l'horreur, c'est uniquement pour ne pas créer un mouvement de panique.
Mais moi je n'ai pas peur! Et je l'écris sans crainte d'une mutinerie chevelue: L'intervalle de l'horreur existe!
12 octobre 2009
20 bornes
Il y a 3 ans et demi, lorsque je me suis lancée pour la première fois dans un jogging très lent, très éprouvant et très court, j'étais loin d'imaginer où mes petite foulées essoufflées me mèneraient. Et pourtant....après plusieurs heures de joggings et d'entraînements, me voilà dans un resto italien, entourée d'une quarantaine de coueurs à déguster des pâtes.....et une île flottante (car oui, courir nécessite beaucoup d'énergie et non, ça n'a rien à voir avec une quelconque gourmandise).
Le lendemain, nous participerons tous aux 20km de Paris et la pasta party est une tradition à laquelle on ne peut décemment pas déroger (sous peine de passer une soirée un peu triste avec un plat de panzani).
Retour chez moi vers 23h, je règle mon réveil sur 7h et m'endors...difficilement.
Réveil à 5h45. Je tourne, me retourne, me lève, me recouche, re-retourne..décide finalement de me lever et de me préparer.
Douche, petit déj, séance d'habillage...qui s'éternise..tee shirt bleu ou blanc? Corsaire gris ou noir? Casquette ou rien? Je change au dernier moment de tenue pour mettre mon corsaire et mon tee shirt préférés au lieu d'une tenue assortie à mes chaussures (pouf attitude quand tu nous tiens!). Indécise, je me regarde une dernière fois devant la glace et me décide finalement à partir.
J'attrape un RER au vol, me mêle à quelques coureurs dans le métro et arrive enfin aux pieds de la tour Eiffel. Là, je retrouve un couple de coureurs qui semblent aussi nerveux que moi. On se place un peu au hasard et on attend le top départ. De plus en plus de coureurs affluent et nous sommes très vite cernés puis compressés par une foule prête à en découdre. La tension monte, le départ est imminent et...ah non, le départ a déjà été donné? ça commence bien! Je n'ai pas entendu l'annonce du top départ!. Bon. Peu importe. La foule piétine puis trottine et s'élance enfin. J'essaie de ne pas me laisser emporter par l'euphorie et entame ces 20km en souriant franchement.
Les kilomètres défilent, le souffle est là, les jambes suivent, aucune douleur suspecte, tout va bien. Je regarde rapidement autour de moi: Il y a des coureurs et des coureuses partout. Il y a ceux qui courent en silence concentrés sur leurs souffles ou perdus dans leurs pensées, celles qui papotent entre copines, ceux qui se motivent entre potes ; Il y a aussi quelques orchestres et pleins de spectateurs ; Certains silencieux, d'autres applaudissant timidement et ceux qui expriment joyeusement leurs soutiens....Et au milieu de tout ça, il y a moi. J'aime ce moment, j'aime être là et maintenant. Je souris et frissonne d'émotions. S'il y a un paradis, ce moment en fait partie.
Quelques kilomètres plus tard.....
L'enfer existe et il est sous mes pieds: Les quais!
Autant j'adore m'y promener, autant y courir est un vrai calvaire. Les quais ou "les montagnes russes de l'enfer": Une enfilade de descentes, de tunnels et de montées. Un vrai coupe-jambe. Seul réconfort, j'adore courir dans les tunnels. Pourquoi? Parce que lorsque j'y cours, j'ai de nouveau 8 ans et apparemment je ne suis pas la seule.
Au premier tunnel un coureur crie à tue tête "ON EST PAS FATIGUES!!", je me mêle aux autres pour crier en retour "ON EST PAS FATIGUES!!" (bien que moi, je sois un peu fatiguée quand même...).
A peine le temps de se remettre de la première montée qu'on entame le second tunnel. Nouvel appel à repousser la fatigue et nouvel réponse de ma part en criant aussi fort que je peux dans une vaine tentative d'auto-persuasion (De toute évidence, la méthode coué a ses limites).
Les kilomètres défilent et mes jambes n'aiment clairement pas cette succession de montées et de descentes. Elles me le font douloureusement savoir en transmettant un message à mon cerveau "Mais qu'est ce que j'fous là...ma pauv'fille tu dois vraiment être maso pour t'infliger un truc pareil"; Apparemment, nous sommes 25 000 masos alors ça ne doit pas être trop grave.
Je continue de courir et arrive au 17ème..plus que 3km...18ème...la foule de spectateurs se fait plus dense...19ème...plus qu'1km, je vais y arriver...Encore un dernier effort...
Je me laisse emporter par l'euphorie générale, accélère aussi vite que je peux (c'est à dire pas très vite), souris, lève les bras au ciel, regarde le chrono, souris de plus belle et franchis la ligne d'arrivée la gorge serrée et les yeux embués..de joie.
