Boite à Dragi

Des noirs, des jaunes, des roses..mais pas de chabadabada.

23 décembre 2008

Carrefour un 23 décembre.....

Tout est planifié, minuté, quadrillé. Chaque rayon est revu mentalement, chaque produit est minutieusement listé. Des glaçons aux piques-apéros, rien n'est laissé au hasard.
C'est donc confiants que nous nous sommes dirigés vers le centre commercial ce 23 décembre 2008.
Le parking surpeuplé et le peu de caddies disponibles nous ont arraché des sourires goguenards voir féroces.
Ongles affûtés, portables dégainés, montres synchronisées, nous sommes fins prêts pour affronter la foule hystérique.

Les portes coulissantes à peine franchies, nous sommes happés par le bruit, la chaleur et l'agitation.
Entre le mec qui vend ses promos "ex-clu-si-ves mesdames et messieurs", les gamins qui courent partout, les caddies abandonnés à leurs tristes sorts, les vieux qui stagnent au milieu des rayons, les couples qui se disputent sur la marque du foie gras, et les appels aux micros pour annoncer "que le petit Antoine attend sa maman à l'accueil"..... Notre détermination en prend un coup et nous avalons péniblement notre salive.

Nous nous frayons malgré tout un chemin jusqu'au rayon produits laitiers. Réunion au sommet (autour du caddie); Répartition des tâches; Rdv dans environ 20 minutes. On se fait la bise, on se souhaite bonne chance, nous lâchons silencieusement notre cri de guerre et chacun part de son côté, les épaules rentrées et les coudes serrés.

Le parcours jusqu'au rayon des boissons s'avère compliqué et semé d'embûches. Je butte sur un gamin, me prends les pieds dans un caddie et évite de justesse une chute au milieu des "soupes et condiments". J'envisage deux ou trois fois de rebrousser chemin pour tenter un nouvel itinéraire. Je fais une pause salvatrice au rayon lessive et tente un raccourci par le rayon animalerie.
J'arrive enfin au rayon boisson, trempée de sueur sous mon manteau, mais heureuse.
Deux bouteilles dans chaque bras, je rebrousse chemin.
Le retour me semble plus long; Les bouteilles menacent de chuter à chaque instant et c'est avec une crampe dans chaque bras que je déboule fiévreusement au rayon produits laitiers. Un frisson de panique me parcourt lorsque je ne vois pas notre caddie.
Ils m'ont abandonné! Ces lâches ont fuis devant l'adversité! Mais bien vite, je remarque un compagnon d'infortune qui me fait signe. Ouf... je me suis juste trompée de rayon.

Nouvel réunion au sommet. Appel des produits listés. Tous répondent présents..... sauf la bûche.
Malédiction! Nous avons oublié le dessert!
Ce n'était pas prévu dans la répartition des tâches! Echanges de regards...Il fait soudain trop chaud, des gouttes de sueurs perlent sur nos visages déconfits et nous refoulons difficilement un élan de panique. Nous décidons d'un commun accord de rallier ensemble le rayon surgelés. Durant un court instant, s'attacher les uns aux autres avec une écharpe semble être envisageable. De toute évidence, nous sommes à peine lucides.

Nous piochons deux bûches au hasard avant de nous précipiter vers les caisses.
La promesse du ciel bleu et de l'air pur nous donne des forces insoupçonnées et c'est finalement avec un soulagement non dissimulé que nous laissons les caisses derrières nous.
Nous sortons enfin de cet enfer, les yeux hagards, les mains et le dos moites de sueur, une migraine sous-jacente, mais le coffre plein.

Mission accomplie.

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19 août 2008

L'Autre

Vous ne me connaissez pas et pourtant je sais tout de vous. Vous n’avez aucun secret pour moi, rien que vous pourriez m’apprendre, rien qui me surprenne. Je connais mieux que vous, vos plus anciens souvenirs, vos désirs inavouables et vos peurs les plus profondes. J’ai assisté à vos premiers pas, j’étais présent pour vos premiers émois, je suis et serais toujours là, comme une ombre attachée à votre misérable carcasse.

Mes méthodes intriguent et inquiètent. Jamais pris, toujours suspect; Je ne laisse aucune preuve et pourtant ma présence est toujours présumée. Je dérange, je surprends, j’étonne, je suis traqué mais personne ne sait où me chercher.
On m’attribue des complices, des acolytes qui épient et influencent vos proches, vos voisins, vos collègues. Car oui, pauvre créature, j'influence tes moindres décisions sans même éveiller tes soupçons.

Mais ne te méprends pas, je ne suis pas malveillant. J’ai mes bons et mes mauvais côtés. Mi ange, mi démon, pas toujours paisible, parfois déséquilibré mais toujours présent, fidèle et infaillible.
A cause ou grâce à moi, il arrive que tu fasses des choses qui ne te ressemblent pas; Mais ne me maudis pas, car je peux aussi te donner des forces et des ressources insoupçonnées, te sortir de situations désespérées et même nous sauver la vie.

Je suis là et pourtant tu ne me vois pas; à peine si tu décèles ma présence à travers tes actes manqués, tes lapsus et tes rêves.

Inutile de me chercher des yeux c’est en toi qu’il faut chercher. Freud m’a permis de m’émanciper un peu de toi... ou de MOI, Lacan m’a donné la parole et un langage structuré, Sartre pense que je suis de mauvaise foi et Popper niant ma scientificité remet en doute mon existence….et pourtant….je suis là à te parler, je suis ton Autre, je suis toi, je suis ton inconscient.

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26 juin 2007

Kizaloqzax ou le merveilleux destin d'un meuble en kit

Référence 10658-2364792-484216b
Nom : Kizaloqzax

Peu importe son numéro d’immatriculation ou son nom peu commun, c’est ce meuble là qu’on veut et pas un autre.
On le mesure, on l’ouvre, le ferme, l'imagine dans notre intérieur, Kizaloqzax fait déjà parti de notre vie ! On s'empresse de le réserver auprès d'un vendeur et c'est avec le coeur léger qu'on se dirige vers la caisse en se disant qu'on arrivera bien à caser ses 5 centimètres supplémentaires quelque part.

Pour le moment, il s’agit plutôt de caser ce carton qui semble plus grand que le meuble dans une voiture qui semble plus petite que le carton. Diverses combinaisons sont alors testées afin d’utiliser au mieux l’habitacle du véhicule.
Après quelques essais infructueux, parmi lesquels l’abaissement puis le retrait du siège conducteur et de ce foutu rétroviseur, on finit par trouver une solution acceptable (Bien que le conducteur ne cesse de répéter que, « Non ! Conduire avec la tête sur le volant, n’est pas du tout acceptable ! »).

Après un trajet digne d’un Koh-Lanta, c’est au tour de l’ascenseur de se montrer peu coopératif. Comme il n’est même pas imaginable de monter 5 étages avec ce carton qui semble soudainement avoir doublé de volume, c’est avec plus ou moins de douceur qu’on le fait entrer puis sortir de la mini cabine… les coins légèrement racornis.

Vient ensuite l’étape ultime et redoutée : L’assemblage.
Car Kizaloqzax n’est encore qu’un bébé meuble (un meubleton, un meublounet ou un meuble en kit selon les pays). Et c’est grâce à notre esprit (plus ou moins logique) et à nos petites mains (plus ou moins habiles) que ce meubleton deviendra meuble.

Les instructions sont claires et les dessins précis, Kizaloqzax est pourtant mal parti dans la vie.
Entre le tournevis inapproprié, les planches montées à l’envers, les vis manquantes et celles qui n’ont rien à faire là, c’est avec une pointe d’agacement qu’on démonte pour le 4ème fois ce "P$#&% de meuble de MER$#xEUH !!!!!!!!"

Au final, Kizaloqzax est devenu grand et s'installe à l’emplacement prévu.
Certes, il dépasse un peu sur la gauche, il est un peu bancal et il lui manque 5 vis, mais à nos yeux, il est bien plus beau que son cousin du magasin et il fait désormais parti de la famille.

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17 mai 2007

Nos amis les Poufs

Ne cherchez pas dans le dictionnaire, c’est un concept encore méconnu. Tout au plus trouverez-vous la définition suivante :  Siège de petite taille garni, sans bras ni dossier

En dehors du nom, il est bien évident que nos poufs n’ont aucun point commun avec ce petit siège... bien qu'il soit utile de souligner qu’une pouf peut également être de petite taille et sans bras.

N’est pas pouf qui veut. Il y a des règles à respecter. Plus qu’une mode, c’est tout un état d’esprit. Dés lors, on peut parler de pouf-attitude.

Les poufs sont partout et certaines sont même très bien intégrées dans la société. Regardez autour de vous, il y a certainement quelques spécimens dans votre entourage. Sachez détecter les signes caractéristiques.

La pouf ne hulule pas, elle crie. Vous la localiserez bien souvent dans les rayons de magasins top-mode-branché et plus particulièrement au moment des soldes. La pouf adopte alors une gestuelle spécifique. Son cri se fait hystérique, elle piétine, saute, appel ses congénères en criant d’avantage. Car oui, la pouf se déplace parfois en troupeau. Cependant il ne faut pas se méprendre sur cette apparente solidarité. Car les poufs obéissent à des instincts de bavardage, de dénigrement et de conspiration, dont les victimes sont parfois d’autres poufs !

Si vous croisez une horde de pouf, n'ayez pas peur. Restez calme et passez votre chemin. La pouf est rarement violente, trop préoccupée par son apparence pour remarquer les regards consternés qui la détaillent.

Vous pourriez être tentés de croire que la pouf est superficielle. Détrompez vous. La pouf a de vrais problèmes et vit des drames quotidiens. On n’imagine pas le stress occasionné par un rouge à lèvre mal assorti à un string, un rdv manqué chez l’esthéticienne ou un ongle cassé.

Que porte la pouf ? La pouf aborde parfois des tenues curieuses ou peu appropriées à la saison. Il n’est donc pas rare de croiser une pouf avec des lunettes de soleil par temps pluvieux ou portant une tenue « short/collant/bottes/pull col roulé ».
Bien qu’apparemment, dénué de toute harmonie, cet ensemble montre au contraire que les poufs sont bel et bien une espèce à part, poussant parfois le souci du détail jusqu’au vernis à ongle assorti aux cigarettes….

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10 mars 2007

L'élevage

Ce matin les ténèbres se sont emparées de mon frigo. Plus de lumières. L'obscurité totale. Court moment de panique. Une analyse rapide des rares aliments parsemant les étagères, m'a en partie rassurée. Apparemment, il n'y a pas de lien entre la loupiote qui s'allume et le "bon" fonctionnement du frigo. A défaut de lumière, mes protégés resteront au moins au frais.

Il faut pourtant agir vite. L'absence de lumière peut s'avérer néfaste, voir fatale à l'équilibre fragile de mon élevage. En me préparant à la va vite pour aller chez Mr BricoTout, j'envisage toutes les solutions possibles; de la bougie à la lampe torche; mais aucune ne me satisfait. L'aquarium est à exclure, ils ne savent pas encore nager....ils sont si jeunes....

Chez Mr BricoTout, je sillonne rapidement les rayons et tombe enfin sur celui des luminaires. Je m'attarde devant des lampes de chevet à la lumière si douce, puis devant les néons... et petit à petit une idée germe dans mon esprit:
Serait il possible que.....c'est peut être impossible...mais dans le doute...je peux toujours tenter...

Je cherche un vendeur des yeux et en aperçoit un qui s'adresse à un halogène.

-Euh...Bonjour, excusez-moi...mon frigo ne s'allume plus et...
-Oui! c'est par ici! suivez-moi!
(Nous traversons plusieurs rayons pour nous arrêter devant une étonnante collection d'ampoule).
-Voilà!
-Ah... oui en effet...mais est ce qu'il en existe de couleur verte?
-....pardon?....euh non....je ne pense pas non....
-Ah.....vous êtes sûr?
(Regard inquiet qui semble indiquer que mon interlocuteur doute des connections de mon cerveau)
-....A ma connaissance oui....enfin disons qu'on met rarement une ampoule de couleur dans son frigo...c'est pas une boîte de nuit non plus...
-....Oui....je comprends.... C'était pour mon élevage....je voulais une lumière verte pour recréer un peu leur milieu naturel..
(Mon interlocuteur semble mal à l'aise et me regarde fixement)
-.....votre élevage?....
-....oui mon élevage de surimi...
-Ah oui! excusez moi je n'avais pas bien saisi! De quelle espèce s'agit-il exactement?
- (Je retrouve le sourire) Et bien ils viennent des mers trop...
Un homme apparaît au bout du rayon et nous interrompt en hurlant:

-MAGALIE! ARNAUD! Retournez dans vos chambres immédiatement! ARNAUD! Rangez cette lampe torche! MAGALIE cessez de jouer avec la nourriture! Et venez prendre votre traitement!!!!

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20 décembre 2006

Dragionaute

Quand j’étais petite (et même jusqu'à bien plus grande), je voulais devenir cosmonaute. Pas infirmière, ni pompier et encore moins maîtresse. Non c'était très clair dans mon esprit: ma vocation était cosmonaute.
A cette époque, je n'avais pas encore bien intégré en quoi consistait ce métier. Les seuls exemples que j'avais sous les yeux étaient le capitaine Kirk et Mr Spock. Mise à part leurs uniformes qui ressemblaient un peu trop à mes sous pulls remplis d'électricité statique, ils voyageaient dans l'espace et c'est tout ce qui importait.

Un jour, un professeur à cru bon de me faire redescendre sur Terre avec tout le tact qui s'impose quand on brise un rêve de gosse: "cosmonaute? Mais avec ton niveau scolaire, tu ne pourrais même pas balayer à la NASA!"
L’allusion cinglante à mes résultats médiocres m’a moins blessée que la triste fin de mes illusions. Non seulement je ne rencontrerai jamais le capitaine Kirk mais en plus je ne pouvais même pas prétendre à devenir balayeuse.

Puisqu’il était peu probable que j’aille un jour à la rencontre d’ET et de ses potes, j’ai adhéré à un programme d’écoute spatiale. Un logiciel nommé SETI tournait en quasi-permanence sur mon ordi à l’écoute d’une infime partie de l’espace...tout comme des milliers d’autres PC. L’idée que je puisse intercepter le tout premier message extra-terrestre me faisait rêver...et avec un peu de chance ET parlerait français!.
Quand le journal télévisé à annoncé que SETI avait « entendu » un « bruit » provenant de l’espace, j’étais au bord des larmes. Ils étaient là !!! Ils voulaient communiquer et avaient attendu que mon ordi soit connecté à l’immense réseau SETI !!!

Le fait que ce « bruit » soit isolé et complètement incompréhensible à notre niveau, à un peu calmé mon enthousiasme. Pourtant même si cette tentative de contact n’avait pas aboutie, c’était un début. Peut être que la prochaine fois, ET utilisera MSN...
Ainsi, il y a quelques jours, quand mon PC à commencé à bugger sauvagement pour ensuite s’allumer et s’éteindre tout seul, j’ai pensé qu’ILS n’avaient peut être pas bien saisis le fonctionnement de mon PC. Pour des êtres ayant traversés des millions d’années lumières s’était un peu décevant. Par contre, quand j’ai remarqué que j’avais branché mon PC sur la même prise que mon halogène lui-même relié à un interrupteur j’ai compris que si ET prenait un jour contact avec moi, ça serait sûrement pour observé de plus près la bêtise incarnée.

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04 décembre 2006

BABYBEL ET BABAPOUF

Lundi.
9h20. Local de la photocopieuse. Regard perdu sur l'écran tactile à chercher la fonction scan.
Sentiment étrange d'être épiée.
Regard circulaire. Identification rapide de l'intrus. Petite, cheveux long. Une naine?....nouvelle analyse rapide: Jupe et tee-shirt "Dora l'exploratrice"...une gamine.
Échange de regard bref. Je tourne la tête et fixe la photocopieuse. Avec un peu de chance, elle est timide et s'en ira.

-T'es qui toi?
Ne pas répondre. Feindre l'indifférence. Ne surtout pas tourner la tête, elle pourrait prendre ça pour une invitation au dialogue.
Rapprochement....on tire mon pull....nouvelle question.
-Hééé..? T'es qui?
Soupir...mais c'est pas vrai......
-Et toi t'es qui?
-Hééé toaaa!!! c'est moi la première! C'est comment tu t'appelles?
-Magalie
-C'est mon naniverssère j'ai 4 ans!
-Super! Joyeux anniversaire!
-Mici.....Tiens!!!
-C'est quoi?
-c'est un dessin! C'est moi qui l'a colorié!
-ah...(je jette un regard. Des formes et des couleurs se mélangent formant un ensemble plus ou moins harmonieux selon l'angle de vu. Ça ressemble à.....rien)...C'est joli....merci..
-C'est des Bapapapa!!!
-(haussement de sourcils) des Bapapapa?
-oui! Et elle c'est Babybel (en pointant son doigt sur une ligne rose)
-(Sourire malgré moi) C'est pas plutôt Barbabelle?
-oui!
-tu savais qu'en secret elle s'appelle Barbapouf?
-(Regard interrogateur)....nan..
-ben ouais, tu vois je connais pleins de secrets.
Ricanement. Elle part en courant dans le couloir
-Mammmmmmmmaaaaaaaannnnnnn, Babybel c'est Babapouf!

Je sors du local avec un sourire moqueur.....qui s'efface rapidement devant la maman en question. J'aurai dû m'en douter. La ressemblance est pourtant frappante. Ma directrice de service lève les yeux sur moi et me regarde avec un air légèrement dépitée : «Magalie.....(soupir) vous aviez pourtant l'air normale quand je vous ai embauchée... ».

12h. Pause déjeuner. Les employés suivent un instinct migrateur qui les amènent tous au même endroit: le Self.
Chaque jour est une nouvelle aventure. On fait des paris sur le premier qui réussira à identifier le menu du jour. On émet des hypothèses sur les effets à longs termes de certains mélanges dans notre oganisme.
Arrêt devant le buffet salade et inspection des différents mélanges. Un collègue demande au Chef la composition de l'une d'entre elles:
-Pâtes, pommes de terre, œufs, haricots verts et mayonnaise
Aucun de nous n'ose signaler que le mélange n'ai peut être pas très digeste. On se rabat sur les carottes râpées-noix de coco, les betteraves fluos et les concombres-paprika. Après tout rien ne vaut une bonne assiette de crudités.
Passage à la caisse.
-J'ai oublié mon badge mais mon numéro est 602341
-Ah non il me faut votre badge!
-Oui mais je l'ai oublié. Je vous l'apporte demain.
-Allez plutôt le chercher!
-Il est chez moi! A ce moment là je vous paie en liquide
-Oui mais il me faut votre badge
-Mais puisque je vous dis que je ne l'ai pas!
-mais il me le faut!
-(Soupir exaspéré).. Écoutez : je-n'ai-pas-mon-badge !!!. Je vous promets de l'apporter demain.

Cette situation n'a sûrement pas été abordée lors de sa formation de « caissière-badgeuse ». Elle me regarde d'un air complètement affolée,  bafouille et semble chercher dans sa mémoire une situation analogue qui la guiderait sur le comportement à adopter.
Heureusement, un collègue qui en certainement marre d'attendre, propose de prendre mon plateau sur sa carte.
Soulagement visible chez la caissière. La situation redevient normale.
Elle a un badge, c'est tout ce qui compte. Elle le passe fièrement devant le rayon optique et pianote sur sa caisse.
Sourire assorti du « Bon appétit, bonne après midi ! » quotidien.

Ces émotions passées, on s'attable gaiement. Dora se met en face de moi, notre échange de ce matin l'ayant certainement convaincue que j'étais sa nouvelle meilleure amie. Elle m'observe sous cape et j'en profite pour me pencher et lui murmurer :
-Tu sais pourquoi Barbabelle s'appelle Barbapouf en secret ?
-...nan...
-C'est parce qu'elle mange trop de Babybel

Fourchette en suspend, yeux écarquillés, elle regarde son plateau et fixe son Babybel.
Sa mère se prend la tête dans les mains...  « Mais qu'est ce que j'ai fait pour mériter ça ... ».

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18 octobre 2006

LA CAVE

La cave....lieu situé en sous-sol servant, à l'origine, à entreposer du vin. A défaut de vin, lieu de stockage d'objets divers et variés, peu ou plus utilisés. Principales caractéristiques: Sombres, exiguës et glauques.

Lieu pourtant très prisé par les occupants d'appartements ayant tendance à accumuler tout et n'importe quoi avec comme excuses "au cas où" ou encore "on sait jamais, ça peut servir".
Bien entendu, on ne ressort jamais l'objet en question, qui devient dés lors, un des nombreux oubliés de ce lieu d'exil......jusqu'au jour maudit des objets encombrants...ou pire...du déménagement.

C'est donc avec appréhension que je suis descendue au sous-sol de mon immeuble.
3 escaliers, 4 couloirs et 2 portes plus tard, j'arrive au niveau -2, et reste perplexe devant une petite boîte posée sur le sol. Que doit-on comprendre par "piège à nuisibles"?. J'essaie de me rassurer en me disant qu'il est peu probable qu'un rat de 3 mètres 50 avec 6 rangées de dents, rode dans mon immeuble.... et qu'au pire il hiberne certainement. Je contourne néanmoins ce piège et me poste devant la porte N° 6.

Je me rappelais vaguement avoir tout mis en vrac, mais j'étais loin d'imaginer une telle vision apocalyptique. Des cartons, des sacs, une mini table à repasser, un morceau de lino, des barres de fer, des lattes en bois, des tabourets, des meubles, des planches, des tringles à rideaux....devant cet immense bordel, des questions se bousculent dans ma tête: comment ai-je peu accumulé tout ça en si peu de temps? Pourquoi avoir gardé un manche à balai cassé? Comment une chaise trijambiste a t'elle pu atterrir en haut d'une montagne de cartons?...Questions existentielles qui resteront sans réponses.

Après quelques minutes d'effarement, je me décide enfin à me mettre au boulot. Direction le fond de la cave situé à....2 mètres. Parcours digne d'un camp d'entraînement militaire. J'enjambe, je grimpe, je saute, je glisse, je me rattrape in-extremis à une tringle à rideau, je râle et me faufile entre deux cartons et le lino.
Parvenue, enfin à destination, non sans avoir bravé mille dangers, l'horreur se produit: la lumière s'éteint. Obscurité totale. En une fraction de seconde, toutes les pires scènes de films d'horreur se jouent dans ma tête:
la porte va se refermer brusquement et je vais être attaquée par une chaise géante à 3 pieds. J'essaierai de fuir mais le balai cassé me barrera le chemin et je tomberai sur les cartons aux dents acérées. Et là, le lino-cannibale s'enroulera autour de moi tandis que le rat affamé grattera à la porte.
Un frisson glacé me parcours l'échine et je franchis d'un bond les 2 mètres qui me séparent de mon sauveur: l'interrupteur.

Cette grosse frayeur passée, je repars à l'assaut équipée d'une lampe de poche et armée d'une raquette de ping pong (à défaut d'une batte de base ball). Au bout de 40 minutes, j'en viens à me demander si ma cave n'est pas une lointaine cousine du sac de Mary Poppin's: Plus je la vide, plus elle semble se remplir.
Je retrouve ainsi des objets perdus ou oubliés depuis longtemps. Certains avec plaisirs et d'autres avec étonnement. Je m'interroge sur les raisons qui m'auraient amenées à garder un carton remplis de sacs plastiques, un thermos sans bouchon ou encore un calendrier de 2002.
Je décide de m'attaquer aux cartons du fond quand l'apparition d'une araignée (très certainement enragée), met fin précipitamment à ce grand ménage.
Au final, le tas des objets destinés aux encombrants est imposant.....autant que celui des "on sait jamais...ça peut servir"

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25 septembre 2006

Monsieur Bonhomme et ses Dames

Dernièrement je suis tombée sur un exemplaire de "Madame en Retard".
Madame en Retard et une dame qui est toujours en retard. Quoiqu'elle fasse, ou qu'elle aille, rien y fait, Madame en Retard est en retard. Bien entendu, ces retards répétitifs lui cause de nombreux soucis et lorsqu'on lit Madame en Retard, on se jure de ne plus jamais être en retard.

Qui n'a jamais lu un "Madame" ou un "Monsieur" dans son enfance?
Ils sont nombreux ses petits livres carrés qui hantaient les étagères des bibliothèques sections Jeunesse:

Monsieur Inquiet se ronge les ongles en attendant Madame Tête-en-l'air de peur qu'il lui soit arrivée quelque chose. Alors qu'elle a tout simplement oublié leur rdv!

Madame Indécise, quand à elle, hésite très certainement entre 2 tenues et sa voisine, Madame Coquette demande à son miroir qui est la plus belle de toute les Madames.

Madame Range-tout tente, tant bien que mal, de mettre de l'ordre dans la cuisine des Messieurs Bazar et Costaud. Ce dernier entame d'ailleurs sa 3ème séance d'haltérophilie.

Au coin de la rue, Monsieur Rigolo drague Madame Rondelette en lui racontant des blagues ; Tandis que Monsieur Bagarreur cherche des noises à Monsieur Grognon.

Monsieur Inquiet voit finalement arrivé M. Bavard qui noie Mr Silence sous un flot de paroles sans queue ni tête.

On apprendra à la dernière minute que Monsieur Atchoum ne viendra pas, rivé au fond de son lit par un rhume et que M. Malchance est coincé dans un embouteillage.

En attendant les autres, Monsieur Timide n'ose pas avouer ses sentiments à Mme Autoritaire qui explique à Madame-Tout-Va-Bien, pourquoi Non!!! cette organisation ne va pas du tout!!!

Et tout se petit monde, se rend à l'anniversaire de Monsieur Parfait qui à parfaitement orgnanisé la soirée dans ses moindres détails avec l'aide de Monsieur Tintamarre pour la sono.

Voilà le "petit" monde des Monsieur Bonhomme et de ses Dames.

On remarque au passage, que certaines Madames et certains Monsieurs ne sont pas représentés.
En effet, où sont passés :

Mr Dépressif qui avale un xanax 3000 en écoutant Mme Mytho lui raconter comment elle a échappé de justesse à une mort certaine en allant chercher du pain.

Et Mr Rasta qui se roule un joint en attendant Mme Hypocondriaque qui refait sa carte de membre à la pharmacie.

Ou encore, Mme Nympho qui trouve Mr Gay terriblement sexy dans son jean moulant.

Sans oublier Madame BCBG qui ne comprend décidémment pas pourquoi Madame Gothique s'obstine à ne porter que du noir.

Et Monsieur Junky? Madame "je sais tout",  Monsieur "supporter PSG", Madame "Achat Compulsif", Monsieur Craneur, Monsieur Gamer, Monsieur Taulard, Madame Pouf, Monsieur Parano, Monsieur Toc........

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10 septembre 2006

Voyage Initiatique

9 mois. C'est passé si vite qu'on a du mal à imaginer que c'était en janvier dernier.
Et nous revoilà au point de départ: Aéroport de Roissy, terminal 1. L'avion en provenance de Singapour s'est bien posé et on guette avec impatience la sortie des passagers, cherchant des yeux la petite soeur partie au pays des kangourous.

L'émotion des retrouvailles est palpable et des sujets primordiaux sont abordés: t'as pas eu trop mal aux oreilles dans l'avion? T'as pas trop mal aux jambes? On t'a servi un p'tit dèj? mais pourquoi t'as mis une écharppe?...etc...

Retour à la maison digne d'un "trip" australien: la voiture roule à droite ; Le chien va t'il la reconnaître ? ce serait quand même dommage d'avoir échappé aux requins et aux crocodiles pour se faire manger une jambe par son propre chien! Suivra une douche bien méritée après 23 heures d'avions, un repas à la française et le déballage des souvenirs ramenés pour chacun.

On attend avec impatience qu'elle nous parle de sa vie de là-bas....mais comment raconter 9 mois? la beauté des paysages, le mode de vie des Australiens, la découverte d'autres cultures.....comment faire comprendre que ce qu'on a vécu là-bas restera à jamais gravé... qu'on voudrait encore y être même si nous revoir fait du bien....comment parler d'amitiés nouées à l'autre bout du monde au delà des langues et des différences?...Comment expliquer qu'on a appris tellement plus que l'anglais?

Les larmes de nostalgie, les photos et les cadeaux offerts par ses amis parlent d'eux mêmes... bien plus que ne le ferait n'importe quel récit. Alors on essaie de la réconforter comme on peut, maladroitement, au lieu de simplement lui dire qu'on l'aime et qu'elle nous a manqué.

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